6 signes du diabète la nuit, les symptômes à ne pas ignorer. voir sur YouTube

Les symptômes d'une hypoglycémie arrivent vite, souvent en quelques minutes : sueurs, tremblements, cœur qui s'emballe, faim soudaine, vision qui se trouble. Le seuil retenu est 0,70 g/L, soit 3,9 mmol/L.

Si vous en avez déjà fait une, vous savez que la sensation est difficile à oublier. Et si vous venez d'être diagnostiqué, c'est probablement l'une des choses qui vous inquiètent le plus. C'est normal, et c'est une bonne raison d'apprendre à les reconnaître tôt.

Parce que la liste des signes ne suffit pas. Ce qui compte, c'est de savoir lesquels arrivent en premier, pourquoi votre corps les produit, et comment distinguer une vraie hypoglycémie d'une fausse alerte de capteur.

Avant toute chose, si la personne ne répond plus, convulse ou n’est plus capable d’avaler, appelez immédiatement le 15. Le reste de cet article explique comment gérer une hypoglycémie lorsque la personne est consciente et peut se traiter elle-même.

Les signes précoces, ceux de l'adrénaline

Quand la glycémie descend, votre corps ne reste pas les bras croisés. Il libère de l'épinéphrine, plus connue sous le nom d'adrénaline, l'hormone de la fuite ou du combat. Son rôle est de forcer la libération de glucose dans le sang.

C'est pour ça que les premiers signes ressemblent à une frayeur : votre corps réagit exactement comme s'il y avait un danger. Il y en a un.

Presque tous les premiers symptômes viennent de là :

  • Transpiration, souvent la première, et sans effort ni chaleur
  • Tremblements des mains, sensation de vertige
  • Cœur qui bat plus fort, palpitations
  • Faim brutale, qui n'a rien d'un appétit normal
  • Pâleur, remarquée par l'entourage avant vous
  • Anxiété ou irritabilité sans raison

Ces signes sont un système d'alarme. Ils sont désagréables, et c'est précisément leur fonction : vous ne pouvez pas les ignorer.

Les signes tardifs, quand le cerveau manque de carburant

Si rien n'est fait, le manque touche le cerveau, qui fonctionne presque exclusivement au glucose. Les symptômes changent de nature :

  • Difficulté à se concentrer, impression de brouillard
  • Troubles de la parole, mots qui ne viennent plus
  • Vision floue
  • Picotements autour de la bouche
  • Faiblesse, jambes qui ne portent plus
  • Confusion, comportement inhabituel

Si vous ne deviez retenir qu'une chose de cet article, c'est cette distinction. Les signes de la première liste vous laissent le temps d'agir seul. Ceux de la seconde veulent dire que la fenêtre se referme, et c'est souvent quelqu'un d'autre qui devra intervenir.

C'est aussi pour cette raison qu'il vaut la peine d'en parler à vos proches. Une personne qui sait reconnaître votre confusion pour ce qu'elle est vous fait gagner les minutes qui comptent.

Le signe que je repère avant tous les autres

Quelque chose n'apparaît sur aucune liste officielle, et je le note ici parce que c'est mon expérience de diabétique de type 1, pas une recommandation.

Quelques minutes avant le premier signe visible, je ressens un mal de ventre très subtil. Rien de douloureux, juste une sensation qui ne trompe plus. C'est devenu mon vrai signal d'alerte, avant les sueurs.

Je le mentionne pour une raison précise : votre signal à vous ne sera peut-être pas celui-là. Certains décrivent un goût métallique, d'autres une bouffée de chaleur, d'autres une irritabilité que leur entourage repère avant eux. Ce signal personnel s'apprend en notant ce qui précède chaque épisode. C'est l'intérêt d'un carnet de suivi : au bout de quelques semaines, une régularité apparaît.

Les hypoglycémies nocturnes, les plus faciles à manquer

La nuit, les mêmes symptômes se produisent, mais personne ne les observe. Votre corps fait alors ce qu'il peut : il vous réveille.

Les signes à connaître :

  • Un réveil brutal en pleine nuit, sans raison apparente
  • Des sueurs nocturnes, draps trempés
  • Des cauchemars, qui peuvent accompagner l'épisode
  • Un réveil du matin avec la sensation de ne pas avoir dormi, et parfois des maux de tête

Il y a une explication physiologique à cette fréquence nocturne. La glycémie baisse naturellement d'environ 5 % pendant le sommeil paradoxal. Chez des personnes non diabétiques suivies par capteur, les baisses sous 0,70 g/L sont deux fois plus fréquentes la nuit que le jour.

Si vous vous réveillez régulièrement trempé de sueur, ce n'est pas la couette. C'est un point à aborder avec votre médecin, parce qu'il indique souvent un traitement du soir à réajuster.

Toutes les glycémies basses ne sont pas des hypoglycémies

Voici la distinction que je n'ai lue nulle part ailleurs, et qui change tout dans la lecture de vos chiffres.

Il y a une différence entre une glycémie qui se stabilise d'elle-même autour de 0,65 g/L et une glycémie qui chute sous 0,70 g/L parce que vous avez injecté trop d'insuline. Dans le premier cas, votre corps pilote. Dans le second, quelque chose pilote à sa place, et ça peut continuer à descendre.

Ce n'est pas une vue de l'esprit. Une étude par capteur en continu chez des personnes non diabétiques a mesuré que 41 % d'entre elles passent sous 0,70 g/L au cours d'une journée. Les hommes y passaient 6,1 % du temps, les femmes 4,4 %.

Autrement dit : descendre sous le seuil n'est pas en soi une anomalie. Ce qui compte, c'est ce qui provoque la descente.

Personnellement, entre 0,60 et 0,70 g/L, je me sens bien : ni sueurs, ni confusion. Les signes commencent en dessous. Si mon taux est stable autour de 0,70 g/L, je ne vois pas l'intérêt de me resucrer, sauf si je m'apprête à bouger.

Cette position est la mienne, et elle suppose une glycémie que le corps régule seul. Si vous prenez de l'insuline ou un médicament hypoglycémiant, la consigne reste de vous resucrer à 0,70 g/L. Vous ne pouvez pas savoir si la descente va s'arrêter là.

L'essentiel est de connaître son corps et de savoir à quel niveau on se sent bien. Cela s'apprend en mesurant, pas en lisant.

Ce que votre capteur ne vous dit pas

Beaucoup de paniques inutiles viennent d'une incompréhension du fonctionnement des capteurs.

Un capteur de glycémie en continu ne mesure pas le sang. Il mesure le liquide interstitiel, celui qui baigne les cellules. Le glucose passe d'abord par le sang, puis par ce liquide. Il y a donc un décalage :

SituationCe que le capteur affiche
Glycémie stableUne valeur proche de la réalité
Glycémie qui monteMoins que votre glycémie réelle
Glycémie qui descendPlus que votre glycémie réelle

La conséquence est importante : quand vous descendez vite, votre glycémie réelle est déjà plus basse que ce que le capteur montre.

D'où une règle simple : dès que la valeur affichée est très basse ou très haute, confirmez par une piqûre au doigt avant de décider quoi que ce soit. Même la position dans laquelle vous dormez peut fausser la mesure, en comprimant le capteur.

Ce n'est pas un défaut du matériel, c'est son principe de fonctionnement. Le savoir évite beaucoup de nuits blanches.

Que faire pendant l'épisode

Sur le moment, personne n'a envie de réfléchir. La règle tient heureusement en deux temps :

  1. Prendre environ 15 g de glucides à absorption rapide. Trois morceaux de sucre, un verre de jus de fruits, ou une pâte de fruits.
  2. Remesurer 15 minutes plus tard. Si c'est encore bas, recommencer.

Deux erreurs fréquentes valent d'être nommées. Le chocolat et les gâteaux ne conviennent pas : leur matière grasse ralentit l'absorption du sucre, au moment précis où vous avez besoin de vitesse. Et on ne donne jamais rien par la bouche à quelqu'un qui ne peut plus avaler : dans ce cas, c'est le glucagon si vous en disposez et savez l'utiliser, et le 15.

Enfin, un épisode isolé s'explique. Des épisodes répétés, eux, ne se corrigent pas avec du sucre : ils se corrigent en revoyant le traitement avec votre médecin.

Je le dis parce que beaucoup de personnes les encaissent en silence pendant des mois, en pensant que ça fait partie du jeu. Ce n'est pas le cas. C'est une conversation à avoir.

Et sans diabète ?

C'est possible, et la question revient souvent, souvent avec une inquiétude derrière. Un malaise avec sueurs et faiblesse une à trois heures après un repas riche en sucres rapides évoque une hypoglycémie réactionnelle.

La consigne est simple : si ça se répète, faites-le explorer. Une hypoglycémie chez une personne non traitée n'a pas la même signification que chez une personne sous insuline, et mérite un vrai bilan plutôt qu'un ajustement d'alimentation improvisé trouvé sur un forum.

Ce qu'il faut retenir

Les symptômes d'hypoglycémie se lisent en deux temps : d'abord l'adrénaline, qui vous laisse agir, puis le manque de glucose au cerveau, qui ne vous le laisse plus. Entre les deux, il y a votre signal personnel, celui que vous seul pouvez apprendre à repérer.

Mais reconnaître une hypoglycémie n'est que la moitié du travail. La vraie question est de savoir pourquoi elles reviennent. C'est là que se joue la différence entre subir son diabète et le comprendre, et c'est le sujet de mes cinq leviers pour faire baisser sa glycémie durablement. En travaillant sur la sensibilité à l'insuline, on réduit les doses qui provoquent ces chutes, et c'est dans cet espace que certaines personnes parviennent à diviser par deux ou par trois leurs besoins en hypoglycémiants. La marge est plus grande quand la démarche commence tôt.

Des épisodes répétés méritent une conversation avec votre médecin, pas un ajustement seul : toute modification de traitement se décide avec votre équipe soignante. Retrouvez plus d'informations sur ma démarche sur la page auteur.

Sources

  1. Assurance Maladie, hypoglycémie, hyperglycémie et acidocétose
  2. Aide aux Jeunes Diabétiques, reconnaître et traiter l'hypoglycémie
  3. Variation of Interstitial Glucose Measurements Assessed by Continuous Glucose Monitors in Healthy, Nondiabetic Individuals, Diabetes Care
  4. Susceptibility of Interstitial Continuous Glucose Monitor Performance to Sleeping Position, Journal of Diabetes Science and Technology